Une association espagnole incite au boycott des produits marocains

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Une association espagnole incite au boycott des produits marocains

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On le sait tous, entre le Maroc et l’Espagne rien ne va plus – la crise diplomatique persiste. Coexphal, une association d’agriculteurs chauvins qui représente la très grande majorité des entreprises espagnoles de production de fruits et légumes, l’équivalent de 60% du marché national, a versé dans la concurrence déloyale lorsqu’elle a déclaré la guerre à nos produits en lançant une large campagne de boycott des produits marocains. Elle a communiqué un portfolio des codes-barres des produits Marocains dans l’objectif d’inciter les Espagnols à consommer locale et donc de ne pas acheter des produits Made in Morocco

Cette campagne lancée à partir des réseaux sociaux de l’association indique que l’Espagne ne devrait mettre en avant les produits marocains au vu des engagements environnementaux, sociaux, économiques et éthiques. A travers leur Hashtag « Tragamos Origen Marruecos » signifiant, nous « avalons des produits d’origine marocaine », l’Espagne attaque directement le Maroc en appelant au boycott. 

Il est important de clarifier que ces associations surfent sur la crise qui persiste entre les deux pays pour mettre en avant leur combat aux motivations nationalistes contraire à l’esprit du commerce libre et concurrentiel que préconise l’Union Européenne et les pays de la PPM (Pays Partenaires Méditerranéens). En effet, la proximité géographique de ces Etats oblige l’UE à élaborer des stratégies politiques, économiques et sociales à leur égard. La conférence de Barcelone en 1995 réunissant les 15 pays membres de l’UE et 12 PPM confirmait l’importance du bassin méditerranéen en y instaurant une zone de libre échange au niveau économique mais plus globalement une « zone euro-méditerranéenne de paix, de stabilité et de sécurité ». Ces clauses étant bafouées par l’Espagne, puisque le Maroc tend à être un des piliers du bassin – C’est ce qu’avait annoncé la COFACE en 2018 surtout avec les impacts négatifs survenus après les Printemps Arabes. 

Les pays du Sud font peur et notamment le Maroc :  Depuis les années 2000, de nouvelles tendances se révèlent dans la structure des exportations des pays du bassin méditerranéen. L’Euro-Med semble perdre du terrain dans les secteurs à forte valeur ajoutée, comme l’automobile ou les TIC (Technologies de l’information et de la communication), au profit des exportations des produits agricoles transformés et des produits chimiques qui restent encore considérable. 

Cette association estiment dans sa lettre que les critères de qualité des produits marocains ne sont pas aux normes que ceux pratiqués en Espagne. Et ajoutent, que les conditions de travail des employés marocains sont déplorables. Ils indiquent « Les contrôles sanitaires et de qualité auxquels ils (les produits marocains) sont soumis n’ont aucun intérêt (ni) comparaison avec celles réalisées avec celles produites, élaborées ou fabriquées en Espagne ou n’importe quel pays de l’Union européenne ». 

C’est sans oublier que cette association espagnole et ses entreprises omettent de dire dans leur lettre ouverte adressée aux supermarchés espagnols, c’est qu’elles comptent toutes sur des laborieux, des cueilleurs marocains sous-payés en Espagne pour leurs récoltes, notamment dans la région de Huelva, où des femmes marocaines subissent harcèlements et viols et travaillent dans des conditions inhumaines et loin des contrôles sanitaires, loin de toute éthique, loin de toutes les conditions sociales octroyées au Espagnols.

Ce sont ces mêmes entreprises espagnoles qui font travailler ces Marocaines et d’autres nationalités, sans papiers et sans sécurité sociale, les payent au noir, les exploitent, les font vivre dans des logements insalubres, des toits en plastique et en carton, et les poussent à utiliser des pesticides hautement dangereux pour la santé sans gants, ni protection. Ce sont ces mêmes agriculteurs qui échappent au contrôle des autorités espagnoles et refusent de payer des cotisations sociales pour créer de larges marges bénéficiaires et payer moins d’impôts.

Ismail Chiadmi
Ismail Chiadmi
Développeur et déclencheur d’opportunités – je mise sur le goût du challenge et de la performance pour davantage de polyvalence. Vecteurs de créativité et d'expression, les réseaux sociaux sont ma vocation. Mes passions sont mes priorités dans la vie quotidienne

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